ARTICLE DU JIR
L’Afrique du Nord s’invite à La Réunion
L’Association des Enfants des Pays du Couchant qui réunit l’ensemble des communautés originaires d’Afrique du Nord présentes à La Réunion organise à Saint-Pierre la semaine de l’Algérie du 21 au 30 juin prochain. À cette occasion, plusieurs manifestations culturelles seront mises en place dans la ville et la municipalité baptisera même une place ainsi qu’un parc du nom de personnalités algériennes.
[14 juin 2007]
Un parfum d’Afrique du Nord flottera bientôt sur Saint-Pierre à l’occasion de la semaine de l’Algérie qui s’y tiendra du 21 au 30 juin prochain. Organisée par la municipalité et l’Association des Enfants du Pays du couchant qui regroupe les membres des communautés maghrébines et pieds-noirs de l’île, cette manifestation culturelle vise à “favoriser davantage le rapprochement franco-algérien” selon son président, Henri Bapcères. Durant cette semaine, plusieurs animations seront prévues, à commencer par une exposition permanente de peinture orientaliste qui se tiendra dans la salle de délibération de la mairie et dont le vernissage au lieu le 25 juin à 19 heures. En marge de cette exposition, un espace “Algérien” présentera les meilleurs produits de l’artisanat et du tourisme en Algérie et notamment une projection du récent voyage effectué comme chaque année par les membres de l’association. Plusieurs personnalités algériennes sont également invitées dont le maire de Bab-El-Oued, ville voisine d’Alger qui viendra officialiser un jumelage entre sa ville et Saint-Pierre. Le conteur et chercheur en histoire Belkacem Babaci viendra quant à lui animer un débat suivi de la projection d’un film sur la Casbah d’Alger et le péril qui menace ce site classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Des artistes seront également du voyage et animeront des soirées à thème. Ce sera notamment le cas de Mohamed Lamari qui viendra faire revivre les années soixante à Alger. Le volet touristique ne sera pas oublié puisque des tour operator devraient également faire le déplacement afin de présenter l’éventail des circuits “aventure” que propose le sud du pays. Une tente traditionnelle bédouine devrait d’ailleurs être dressée au centre de la ville pendant toute la durée de cette semaine de l’Algérie.
PLACE ABD EL-KADER SUR LE FRONT DE MER
En marge de cette manifestation, la municipalité de Saint-Pierre inaugurera deux lieux situés sur le front de mer et qui porteront chacun le nom d’une personnalité algérienne. Un parc portera ainsi le nom de Cheikh Hasnaoui en l’honneur de ce monument de la chanson algérienne d’origine kabyle et enterré à Saint-Pierre où il s’était installé. L’autre lieu est une place faisant face au port qui sera désormais baptisé Place Abd-El-Kader en hommage au chef de guerre rebelle pendant la campagne de colonisation de l’Algérie qui fut également un grand humaniste et acteur du rapprochement entre les peuples français et algérien. “Nous avons beaucoup cherché avant de trouver un nom qui puisse satisfaire tout le monde, tant français qu’algériens et le personnage d’Abd-El-Kader s’est imposé à nous car il fait aujourd’hui partie du patrimoine commun aux deux peuples, confie Henri Bapcères. Il y a cinq cents familles de pieds-noirs installées à La Réunion et entre cent et deux cents citoyens algérien ou originaire du Maghreb”, explique ce dernier, lui-même né en Algérie. Chaque année, il y emmène d’ailleurs un groupe et se félicite de “l’accueil chaleureux et fraternel” qu’il y reçoit à chaque fois.
P. V.
ADB-EL-KADER, OU LE CHEMIN DE LA RÉCONCILIATION
L’Emir Abd-El-Kader (1808-1883) est un héros national algérien qui a
longtemps mené la résistances des tribus arabes pendant la conquête de
l’Algérie à partir de 1830 avant d’être exilé par le gouvernement
français. Homme aux multiples facettes, il fut tour à tour chef de
guerre, écrivain, poète, philosophe, mais aussi théologien, homme
politique et franc-maçon ami de l’Empereur Napoléon III. Après avoir
longtemps combattu les troupes françaises, il est finalement capturé et
détenu en France. L’Algérie est entre-temps devenue un département
français et l’Emir parlemente avec le gouvernement français qui le
décorera de l’Ordre de la Légion d’Honneur. Libéré en 1852, il
s’installera à Damas pour y enseigner notamment la théologie et se
distingue une nouvelle fois en sauvant la vie de quinze mille chrétiens
menacés par des insurgés musulmans. C’est aussi là-bas qu’il terminera
sa vie.
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