Pourquoi l'Emir Abdelkader ?
Un nom qui rassemble !
Si l'histoire de L'Algérie regorge de noms célèbres, peu d'entre eux pouvaient sincèrement réunir les conditions de neutralité nécessaires et l'assentiment de tous, sans évoquer les périodes troubles et douloureuses qui ont parsemées une histoire commune, encore quelque fois trop présente dans nos esprits.En dehors d'Albert Camus, encore trop absent de l'histoire contemporaine de l'Algérie, et de quelques étoiles de la chanson algérienne peu connues en France, il nous restait quelques écrivains algériens francophones pas assez reconnus ou parfois trop engagés.
Après longues réflexions, d'un commun accord entre les représentants des trois communautés présentes sur l'île, nous avons opté pour le personnage, certainement le plus représentatif de l'imagerie populaire et historique algérienne et française: L'Emir Abdelkader.
Pourquoi l'Emir ?
A la fois symbole et personnage mythique, ce loyal combattant de la France, n'a jamais eu la place qu'il méritait dans le paysage historique, éducatif, politique et culturel des deux pays directement concernés par son action. A la fois résistant visionnaire, philosophe, théologien, maîtres spirituel et penseur, la vie de cet humaniste ne fut que sagesse, engagement politique, foi et savoir. En 1840, il appelait déjà de toutes ses forces les parties en présence à s'entendre et s'illustrait déjà par une sagesse et une vision extraordinaire qui aurait pu éviter bien des drames.
" Si les chrétiens et les musulmans pouvaient m'écouter, je cesserais les querelles. Je ferais d'eux des frères, à l'intérieur et à l'extérieur."
Par ces mots l'Émir Abdelkader lance en plein XIXè siècle un pont entre l'orient et l'occident, dont la pertinence est plus que jamais d'actualité.
Si nous considérons que ce sage, ce maître à penser, ce précurseur de la réconciliation, que cet "enfant de la veuve" (*) est avant tout (comme Camus) un patrimoine commun que nous partageons sans réserves avec l'Algérie, rien dans la vie et le comportement de l'Émir nous interdit une quelconque réserve.
L'Émir fait bien parti du début d'une histoire commune et mérite l'hommage appuyé que nous lui rendrons prochainement à St Pierre.
H.B
(*) membre du Grand Orient de France, qualité contestée par quelques historiens algériens, mais ô combien présente dans toute l'oeuvre et le comportement humaniste et universaliste de l'Émir. Thèses rencontrées également dans différents courants théologiques de l'Islam.
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